Une approche collective du soin 

13 février 2026

Par Le Monastère des Augustines

Penser le bien-être à travers une approche collective du soin, c’est d’abord remettre en question l’idée qu’il s’agit uniquement d’un chemin personnel, intime, presque solitaire. Comme si prendre soin de soi relevait avant tout d’une responsabilité individuelle. Or, certaines situations viennent bousculer cette conception, comme le deuil, la vieillesse, la maladie ou simplement les périodes de fatigue, de transition ou de surcharge que toute personne peut traverser au fil de sa vie. Lorsque les défis s’accumulent, que le rythme s’intensifie ou que nous traversons une période exigeante, la présence d’une communauté peut devenir déterminante. Cette approche trouve écho au Monastère des Augustines, qui œuvre depuis plus de dix ans à offrir du ressourcement à l’ensemble de la population.

Faut-il penser le bien-être autrement? Non plus comme une démarche à porter seul(e), mais comme une expérience soutenue par des milieux et des espaces qui prennent soin? Et si le bien-être, c’était l’affaire de toute une collectivité?

La communauté: un levier de mieux-être 

Une communauté offre un espace où nous pouvons être tels que nous sommes, sans devoir expliquer, justifier ou performer. Un lieu où le simple fait d’être entouré(e)s de personnes qui partagent une réalité similaire peut faire une différence. Ce sentiment d’appartenance et de reconnaissance est bénéfique tant pour les personnes engagées dans des rôles de soin que pour toute personne vivant une période difficile.

En effet, saviez-vous qu’au Québec, plus d’une personne sur cinq joue un rôle de proche aidant(e)? Derrière ce chiffre, il y a des réalités exigeantes: des semaines qui s’étirent, des responsabilités multiples, une charge émotionnelle constante. En moyenne, les proches aidant(e)s consacrent plus de 30 heures par semaine au soutien d’un être cher, souvent tout en assumant d’autres rôles: travail, famille, vie sociale. Dans ce contexte, l’isolement et l’épuisement ne sont pas des exceptions, mais des risques bien documentés.

Plutôt que de porter seul(e)s la fatigue, l’inquiétude ou l’épuisement, les proches aidant(e)s qui bénéficient d’un réseau social fort se sentent moins isolé(e)s, plus soutenu(e)s dans leurs décisions et mieux outillé(e)s pour naviguer à travers les défis du quotidien. Autrement dit, la communauté offre un appui concret aux personnes qui traversent une épreuve.

La mission sociale du Monastère des Augustines

Les recherches en santé publique confirment que le soutien social joue un rôle déterminant dans la réduction de la détresse et le maintien du bien-être des personnes en situation de vulnérabilité, en particulier des proches aidant(e)s et des soignant(e)s.

La mission sociale du Monastère des Augustines s’inscrit naturellement en soutien à ces personnes, parce qu’elle repose sur une conviction simple et forte: il est primordial de prendre soin des personnes qui prennent soin. Héritée de l’œuvre des Augustines, cette mission reconnaît que le soin dépasse largement l’acte médical; il englobe l’écoute, l’accueil, la présence et la dignité humaine.

La mission sociale du Monastère se concrétise notamment par un programme dédié aux proches aidant(e)s avec des séjours de répit individuel et de groupe, des activités, de l’accompagnement et plus encore. Et pour les soignant(e)s, elle s’articule autour de formations en groupe, de retraites et de séjours à tarif préférentiel.

En offrant des espaces de repos, de silence et de ressourcement, Le Monastère répond à des besoins trop souvent mis de côté chez les proches aidant(e)s et les soignant(e)s: le besoin de souffler, d’être reconnu(e) dans un rôle exigeant et d’avoir un lieu où déposer ce qui est lourd à porter. La mission sociale du Monastère s’inscrit ainsi comme un levier de prévention et de soutien, en créant un cadre sécurisant où ces personnes peuvent reconnaître leur fatigue sans culpabilité et puiser l’élan nécessaire pour poursuivre leur engagement avec plus de bienveillance envers elles-mêmes.

Une réalité appuyée par la recherche 

La mission sociale du Monastère des Augustines trouve un écho direct et mesurable dans la réalité de toute personne vivant une situation fragilisante. Un projet de recherche123 mené par la Chaire de recherche Relief en santé mentale, autogestion et travail de l’Université Laval et VITAM – Centre de recherche en santé durable démontre que le programme de ressourcement du Monastère génère des effets positifs significatifs sur le bien-être global de ces personnes.

Le rapport de recherche souligne que l’effet du programme ne s’appuie pas uniquement sur le repos ou le retrait du quotidien, mais sur une approche globale qui inclut:

  • L’environnement patrimonial porteur de sens;
  • Les moments partagés en communauté;
  • L’accueil et la bienveillance du personnel, ancrés dans les valeurs et le savoir-être des Augustines.

Dès leur arrivée au Monastère, plusieurs personnes décrivent un apaisement immédiat, un sentiment de sécurité, parfois même l’impression d’être «enveloppées». Pour beaucoup, le fait de se retrouver dans un lieu patrimonial, habité par des valeurs de solidarité et de soin, renforce le sentiment de ne pas être seuls dans leur engagement. L’histoire du lieu vient ainsi résonner avec l’histoire personnelle de chaque personne.

Les données recueillies montrent que la dimension communautaire favorise une diminution du fardeau subjectif ressenti par les proches aidant(e)s. À court terme, les participant(e)s rapportent une augmentation de la vitalité, une amélioration des stratégies d’autosoin et une diminution marquée de l’épuisement, de l’anxiété et du poids associé à leur rôle. Plus encore, certains bénéfices, notamment en lien avec les relations soutenantes et la réduction de l’épuisement, se maintiennent jusqu’à trois mois après un séjour au Monastère.

Ces effets sont significatifs et surtout précieux dans des vies souvent marquées par la surcharge.

Le «prendre soin», un acte collectif

Prendre soin d’un proche est un engagement humain, souvent porté par l’amour, la loyauté ou le sens du devoir. Mais ce rôle peut aussi être exigeant, silencieux, parfois difficile à porter seul. Si nous parlons souvent du bien-être comme d’un chemin à parcourir seul, lorsque nous prenons soin d’un proche, cette vision montre vite ses limites.

La mission sociale du Monastère des Augustines s’inscrit précisément dans une vision élargie du soin. En offrant des temps, des lieux et une communauté porteuse de sens, Le Monastère contribue à redonner souffle, reconnaissance et dignité à toute personne à la recherche d’un mieux-être durable.

Au fond, peut-être le bien-être n’est-il pas seulement une quête personnelle, mais une responsabilité partagée tant par les organisations que par les individus. Une façon, pour la collectivité, de dire à celles et ceux qui prennent soin: «Vous n’êtes pas seul(e)s.»

SOURCES: